Category: Photographie

La photo argentique a-t-elle un avenir ?

Il s’avère qu’en 2022, à l’air du numérique « tout puissant » certain se posent encore la question de savoir, si faire de la photo argentique vaut encore le cout ? Est-ce que cela apporte une plus value ? Est ce que cela va vous différencier de la concurrence ? Je me suis également posé la question. J’ai travaillé avec une chambre 4×5, un moyen format 6:6 ainsi qu’avec plusieurs 24×36… Au fil des années, je pense avoir trouvé la réponse « juste ».

La photo argentique au quotidien

Si vous êtes comme moi, photographe professionnel, et que vous répondez tous les jours (ou presque) à des commandes de clients, soyons honnête, il est impensable de travailler en photo argentique ! Quand nous connaissons la vitesse à laquelle les choses vont, le processus de l’argentique est totalement obsolète. Lorsque je réalise des portraits en entreprise, les clients veulent aujourd’hui voir les images directement sur le boitier ou bien sur un écran d’ordinateur, si vous travaillez en connecté. A peine le boitier rangé dans le sac, vous avez le droit à la question « on les aura quand ? ». Imaginez leur tête si vous leur disiez « je rentre développer les pellicules, je vous prépare une planche contact, je vous l’envoie par la poste et vous me direz ! ».

La réalité du marché de la photo rend impossible le travail en argentique. Il faut aller de plus en plus vite, fournir de plus en plus de photos au clients. Vous pouvez tentez le coup et dire « je suis un artiste » mais croyais moi, vous n’aurez pas beaucoup de clients et aurez en plus de coup de fonctionnement plus élevés que vos concurrents… Vous serrez donc cher et lent. Pas vraiment tendance à l’heure de la fibre et de la 5G.

Bien entendu certains photographes, comme Patrick Swirc, continuent d’allier photo argentique et portrait de presse. Mais ils sont très forts et travaillent dans un domaine particulier.

2 portraits de Swirk.

La photo argentique : une démarche artistique

Dans le cas de figure ou vous vous définissez comme un artiste, que votre temps de travail vous appartient, que vous produisez que lorsque vous le souhaitez alors la, oui, vous pouvez travailler à l’argentique. Prenez l’exemple du photographe Eric bouvet ou bien Paolo Roversi. Ils sont aujourd’hui plus  des artistes que des « photographes ». Ils vivent de leurs œuvres plus que des commandes. Donc qu’importe le temps que vous mettez à réaliser vos œuvres si vous arrivez à les vendre derrière.

Le fait de travailler de cette manière vous détache totalement de la contrainte de temps. Si bien entendu vous n’avez pas besoin de vendre rapidement quelque chose.

Bémol : de l’argentique pour du numérique

Beaucoup de photographes qui travaillent en argentique numérisent leurs images ou bien leurs négatifs. Alors à quoi bon ? Internet et les réseaux sociaux sont des moyens de communications inévitables, ce qui pousse les photographes à y publier. Leurs photos argentiques deviennent donc digitales. J’ai même vu des photographes scanner leurs négatifs et faire 3 heures de post-production sur Photoshop derrière. Je trouve personnellement ce concept totalement paradoxale. Ils revendiquent une démarche mais ne vont pas jusqu’au bout.

Faire de la photo argentique avec du numérique

Les moyens numériques sont tellement puissant aujourd’hui, qu’a l’inverse vous pouvez faire de la photo argentique à partir de fichiers numériques. Je m’explique. Souvent lorsque quelqu’un fait de la photo argentique c’est dans un souci de rendu final. Vous pouvez donc très facilement, grâce aux outils numérique, retoucher vos photos digitales et leur donner un aspect argentique. De cette manière votre rendu correspond à ce que vous souhaitez et vous vous épargnez le processus argentique. Gain de temps et d’argent. En exemple ci desosus, 3 images extrait d’une serie de portraits que j’ai réalisé il y a quelques temps. Je recherchais à donner un effet argentique et plus particulièrement un effet de photos faites à la chambre 4×5.

En conclusion

Pour moi le moyen de production n’a que très peu d’importance. Lorsqu’on écoute un morceau de musique qu’on aime bien personne ne se demande jamais si le guitariste joue sur une Fender Stratocaster de 1968 ou bien de 1995 ! Lorsqu’on regarde une peinture personne ne se demande quelle largeur de pinceau le peintre a utilisée. Tous ces détails sont réservés aux initiés (+++).

Ce qui compte réellement dans votre travail de photographe c’est de savoir si votre message est passé. Si vous faites le portrait de l’année et que recevez un prix pour ca, vous n’aurez pas plus de reconnaissance parce que ce dernier a été fait en argentique.

La méthode de travail n’est rien à coté du résultat. Adaptez votre méthode de travail en fonction de vos contraintes, de vos clients. Cet article ne dit pas qu’il ne faut pas faire d’argentique, il dit simplement que photo argentique ou photo numérique cela n’a aucune importance tant que vous arrivez à faire ce que vous voulez dans le temps imparti.


Photographe corporate à Nice : choix de vie et de coeur

Pourquoi ne pas être photographe corporate à Nice ?

Originaire de la banlieue Aixoise, j’ai choisi de poser mes valises à Nice pour m’installer en tant que photographe corporate. Située entre Sophia-Antipolis, 1ère technopole européenne, et la zone d’activités économiques  de Carros (environ 8000 salariés pour 550 entreprises), Nice ne manque pas de potentiel pour développer son activité de photographe corporate. Pourtant on m’a souvent dit “Photographe à Nice, c’est compliqué, c’est dans les capitales qu’il faut être pour percer dans la photo”. C’est vrai et faux à la fois. Si vous rêvez de faire du Vogue tous les jours, de travailler dans la mode, de travailler avec les grandes rédactions alors oui il est vrai qu’il est préférable de s’installer à L.A, Londres ou Paris plutôt qu’à Toulouse ou Marseille. Mais si vous souhaitez travailler avec des entreprises ou bien des particuliers pas besoin de tout quitter pour une capitale où, par ailleurs, la concurrence s’annonce féroce.

“Au royaume des aveugles le borgne est roi

Lorsque que j’ai fait mes premiers portraits corporate, il faut bien se rendre à l’évidence, c’était loin d’être bon. Parfois je me demande même comment j’ai réussi à les vendre. Si j’avais eu l’audace de m’installer à Paris ou New-York, avec le niveau photographique qui y règne, le nombre de photographes en place et en ayant aucune connaissance, aucun réseau il est certain que je n’aurais jamais pu travailler en tant que photographe. En “province”, il y a énormément de photographes mais le niveau est beaucoup moins élevé. Ca n’est pas prétentieux de dire ça, ni mal intentionné envers mes confrères, c’est simplement un constat. Le niveau global des photographes en province est moins élevé que celui des photographes installés dans les capitales. Etre photographe à Nice me paraissait donc une bonne idée pour sortir mon épingle du jeu “plus facilement”.

Ce que je veux dire par là, c’est qu’avec un niveau photographique moins élevé de manière générale et moins de contraintes d’installation, il est plus facile de percer et de décrocher des contrats si on se donne la peine de fournir un travail de qualité. A mon sens, dans les capitales les contraintes sont trop nombreuses pour démarrer. Un niveau photo très élevé, des loyers hors de prix, un cout de la vie souvent supérieur, un marché saturé…

“Métro, boulot, dodo”

J’ai vécu un temps à Paris. D’abord pour mes études puis en tant que chef de projet en agence de communication. Donc le fameux “métro, boulot, dodo” je connais. Et autant vous dire que c’est terminé à tout jamais (même si il ne faut jamais dire jamais). En étant photographe à Nice, je peux concilier vie professionnelle et vie personnelle sans aucun souci. Ici le rythme de vie est différent de celui des grandes capitales. A 18h la plupart des gens ont terminé leur journée de travail et commence la seconde partie de journée. Sport, loisir, famille, plage, montagne chacun profite à sa manière de la fin de la journée ! Ce qui est difficilement réalisable à Paris quand on quitte le boulot à 20h et qu’une heure de métro nous attend…

La qualité de vie que m’offre Nice n’a pas de prix comparé à ce que je pourrais vivre ailleurs. Nice est une ville où il fait tout le temps beau, où il n’y a pas de vent, où on entend les cigales chanter l’été, où l’on peut choisir d’aller passer la journée à la montagne ou à la mer sans rouler plus d’une heure et trente minutes. Avouez qu’avoir tout ce confort en plus d’être un acteur économique majeur du pays, Nice a beaucoup d’avantages pour s’y installer.

“Loin des yeux, loin du coeur” : pas forcément.

Grâce à internet et aux réseaux sociaux, aujourd’hui, nous ne sommes plus loin de rien du tout. Avant il fallait passer dans les agences avec un book papier pour les voir. Maintenant vous pouvez faire tout ça de manière virtuelle. Un site internet, une adresse e-mail, des réseaux sociaux et vous pouvez voyager partout dans le monde sans bouger de votre siège. Ce que je veux dire par là, c’est que vous pouvez vous installer en province, développer votre business, progresser et par la suite contacter les agences et média parisiens. Vous pouvez créer de votre coté et ensuite communiquer.

Pour ma part, en parallèle de mon activité de photographe corporate, je travaille sur des projets artistiques, plus personnels. Une boite postale à Paris, un site internet référencé à Paris et je suis parisien sans y mettre les pieds. Mon activité de photographe corporate est à 100% à Nice et mon travail personnel est parisien. Grâce aux outils numériques je peux être partout à la fois. J’envoie régulièrement mon travail à différents agents ou agences. Je fais des allers-retours si nécessaires. Même à mes frais, avec le low cost celà ne coûte presque plus rien d’aller sur Paris. Je pars avec le premier avion et rentre avec le dernier.

En conclusion

Je suis d’accord avec vous sur le fait qu’en étant dans les grandes villes les opportunités seront plus nombreuses. Les jobs souvent meilleurs, plus intéressants. Mais il faut aussi voir les contraintes que présente l’installation dans une capitale. Combien celà vous couterait d’avoir votre studio à Paris, ou même juste un bureau ? Combien vous allez payer de loyer pour dormir dans quelque chose de potable?

Je pense que lorsqu’on démarre tout peut se faire en province. Les barrières seront moins hautes, les contraintes financières plus faciles à éponger. Grâce à internet nous ne sommes plus loin de rien. On peut travailler dans notre coin tout en étant connecté au monde. Il faut faire les choses dans l’ordre. S’installer, progresser, se développer et le jour où vous aurez tellement de jobs à Paris ou à New-York et que les allers-retours ne seront plus possibles alors là oui il faudra s’installer dans une capitale 🙂


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